LA DOUBLE VIE DES HÔTELS
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"L'Est Républicain" | 18/01/2012 | Par Xavier Frere

 


Très répandu au Japon et au Brésil, le concept de location de chambre en journée («dayuse») fleurit sur Internet et en France. Nancy s’y met, timidement. Officiellement.
 
 


Louer une chambre la journée lors d’un transit entre deux trains ou deux avions, ou la réserver pour quelques
heures pour un rendezvous « galant ». Le concept se développe dans les grandesmétropoles, permettant ainsi à certains hôteliers de remplir une chambre (souvent) vide dans la journée.Un site Internet du nom de DayUse (utilisation à la journée) a même été créé dans ce sens il y a un peu plus d’un an, et recense à travers la France les établissements ouverts à ce type de prestation diurne. « Lovehotels » comme on dit, ou pas.
Si des villes comme Strasbourg, Nantes, Bordeaux comme Paris, Lyon, Lille ou Marseille sont répertoriées avec majoritairement des établissements haut de gamme pour une clientèle aisée aucun hôtel nancéien n’y figure.
Cela signifietil pour autant qu’aucun ne le pratique? Non. Un test, entantque client anonyme sur une douzaine d’hôtels de Nancy centre (de 0 à 4 étoiles) démontre que trois d’entre eux proposent un tarif préférentiel. Le premier loue une chambre « toujours disponible » à 40 euros dans la journée, contre 48,50 euros la nuit, mais cette ristourne n’est pas affichée officiellement.
 
 


«50 euros + bouteille de vin pétillant»


Dans un hôtel du secteur de la gare, on donne dans le double langage. En tant que client lambda, on signale qu’« on peut s’arranger en fonction de l’activité, on peut adapter le tarif, il faut voir...» Lorsque le journaliste revient quelques jours plus tard, l’hôtelier affirme tout de goque « le prix sera identique à celui d’une nuit », et qu’il ne loue, dans ces conditions là, qu’« au feeling, et de visu ». Mais comme Gérard Gâtinois, la demande reste marginale, « environ une par mois ».

Parmi les autres hôtels interrogés, un seul refusera catégoriquement une location dans la journée, les autres expliquant, souvent promptement, qu’ils adoptent « le même tarif que pour une nuit ».

Une hypocrisie, selon une réceptionniste qui compte plusieurs années d’expérience. Pour elle, « même les établissements les plus friqués, les plus chers, montrent pardevant patte blanche et pratiquent le dayuse parderrière, pour faire du chiffre en plus ».
Le sujet, on le perçoit, reste tabou, très connoté « tactac », comme décrivent les hôteliers ces clients adeptes du « cinq à sept ».Ouplus tôtdans lajournée, si possibilités de louer, et si affinités.