Le marché décomplexé de l'infidélité

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  Publié sur le site lexpansion.lexpress.fr | 04/07/2012 | Géraldine Meignan

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De plus en plus d'entreprises ont fait de l'adultère leur fonds de commerce. Sites de rencontres pour femmes et hommes mariés, hôtels dédiés aux relations extraconjugales, et, plus insolite, agences d'alibis... Le succès est au rendez-vous.

   

Ce lundi matin de juin, quelques hommes d'affaires prennent leur petit déjeuner sous la terrasse ombragée, tandis que le patron s'active au téléphone : "Pour cette semaine, ce sera de la faisselle de chèvre, des ananas, six mottes de beurre demi-sel et un lot de serviettes." Rien ne laisse supposer que, entre midi et 15 heures, des couples, illégitimes pour l'essentiel, défileront dans cet ancien hôtel de passe transformé par la famille Costes en établissement design. Les réservations ont été faites sur le site Dayuse-hotels.com, qui permet de retenir dans la journée des chambres à prix bradés (de 90 à 150 euros) dans des hôtels de 3 à 5 étoiles.

 

Lancé par David Lebée, un pro de l'hôtellerie parisienne, le concept vise à parfaire les après-midi câlins des couples illégitimes tout en permettant aux hôteliers de louer leurs chambres pendant les heures creuses. Du yield management classique appliqué au business de l'adultère, il suffisait d'y penser. Avec en option le kit coquin - préservatifs, huile de massage, bandeau et plumeau - posé sur l'oreiller. Et ça marche. Le site, lancé en 2010, enre- gistre en moyenne 2 000 réservations par mois et compte 250 hôtels référencés, à Paris, mais aussi à New York, à Londres, à Rome, etc. La motivation de ces clients furtifs et discrets ? "Pour moitié, il s'agit de couples illégitimes. Mais ça ne signifie pas que nous cautionnons l'adultère. Nous rendons seulement les choses plus faciles, plus glamour", se justifie David Lebée, qui n'avait pas prévu un tel succès. L'an dernier, il a dû lancer une version low cost de sa centrale de réservation, baptisée Dayuse-pascher.com, avec des chambres comprises entre 40 et 70 euros. "Nous ne voulions pas galvauder l'image de la société. Or il y avait une demande pour une offre à des prix plus accessibles, notamment de la part de couples qui viennent plusieurs fois par semaine", raconte le fondateur du site.